Zemmour à Taché : votre individualisme a détruit mon État-nation

Publié le 14 mars 2020 - par - 24 commentaires - 2 176 vues

Lundi 9 mars 2020
Michel Maffesoli est sociologue et a publié La Faillite des élites. Il s’est spécialisé dans les crises et c’est donc des crises actuelles qu’il est venu parler avec Zemmour en ce début de semaine.

Selon Maffesoli, nous sommes dans un moment de crise, marqué par le passage de la modernité à la post-modernité, et ce passage remet en cause toute notre échelle de valeurs. L’échelle moderne est le mythe du progrès, avec la fin de la mort comme objectif et l’idée que chaque problème a sa solution. Ce progrès continu et absolu est incarné dans le transhumanisme. Mais cet idéal ne fonctionne plus, et l’idée de mort revient avec le CoVid-19. Cette pandémie nous rappelle la réalité de la mort et engendre une panique, alors même que lundi, seuls 25 morts étaient à déplorer en France, et des vieillards. En réalité, la cause de cette crise est ailleurs. Zemmour, lui pense que la crise emblématique de chacun est l’inverse de ce qu’il incarne. 2008 était la crise des subprimes, et le programme de Sarkozy proposait les subprimes à la française. Les socialistes ne voulaient pas voir ce qu’était l’islam et ont eu la crise du terrorisme. La crise de Macron, qui incarne la mondialisation, est en réalité les Gilets jaunes, refoulés de cette mondialisation. Si l’idée de la mort revient, elle revient sous une forme moyenâgeuse, avec des villes italiennes cloîtrées, des citoyens terrorisés, tout comme avec la peste noire. Le monde actuel a évacué la mort, avec soixante-dix ans sans guerre et une mort éloignée à l’hôpital. Concernant le progrès, Zemmour, rejoint ici par Maffesoli, considère qu’il est en fait en crise depuis la Première Guerre mondiale, qui a montré que la technique conduisait à la plus horrible des guerres. Maffesoli confirme en effet que toutes les guerres ont marqué la fin d’un progrès.

Pour parler des crises de façon plus générale, Maffesoli explique qu’elles arrivent tous les trois ou quatre siècles et forment des époques régénératrices, entrecoupées de périodes de quelques décennies. Depuis 1973, qui a vu le quadruplement des prix du pétrole, nous vivons la crise du progressisme. Selon Zemmour, l’une des nouveautés est que si les grands politiques savaient se servir des crises, tels Napoléon avec la Révolution française, depuis trente ou quarante ans, les hommes politiques craignent ces crises et cherchent à « sauver les meubles ». Maffesoli abonde en ce sens en ajoutant qu’il n’y a plus de vraie politique, que le théâtre domine. Il déplore par ailleurs qu’aujourd’hui, seule l’économie préoccupe les politiques, alors que c’est en réalité le spirituel qui domine, pour un passage du quantitatif au qualitatif. Les jeunes veulent faire de leur vie une œuvre d’art, comme on le voit dans les communautés religieuses, sportives, culturelles et sociales qui se multiplient dans les villes. Si Zemmour confirme que les élites sont dominées par l’économie, le monde actuel est selon lui plutôt régi par des guerres de civilisation, c’est-à-dire des guerres de religions, ce qui représente la grande difficulté des chefs d’État depuis 20 ans.

Selon Zemmour, on observe aujourd’hui deux crises, voire trois. Une crise des civilisations, avec un affrontement entre l’Occident, la Chine, et le monde arabo-musulman, et ce sur différents plans. Une crise démographique, mère de toutes les autres et développée plus tard dans la semaine (NdA : mardi), avec une crise africaine intérieure. Une crise culturelle d’abêtissement généralisé, surtout en Occident, marquée par la ruine de la langue, de la culture, de l’instruction. On peut également parler d’une quatrième crise, qui serait la crise identitaire, avec la présence aujourd’hui presque omniprésente de mouvements des minorités, par exemple trans ou gender-fluid. Il existe aujourd’hui une minorité qui veut détruire toutes les identités, ce qui déstabilise les jeunes générations. Maffesoli préfère nier la crise culturelle car Internet permet l’expansion de nouvelles cultures, les réseaux sociaux sont le théâtre de discussions philosophiques et spirituelles. Selon lui, « la civilisation est en train de cesser, la culture est en train de naître ». Zemmour reproche cependant à Maffesoli d’être cloîtré et trop optimiste, de sous-estimer la mainmise et la puissance des minorités, et l’océan d’inculture.

Pour aller plus loin
La crise de civilisation entre l’Occident, la Chine et le monde arabo-musulman est visible sur différents domaines, selon les priorités de chaque civilisation. Ainsi, la Chine cherche à étendre son influence via l’économie, avec les nouvelles routes de la soie, qui couvriront le monde entier d’un réseau d’influence chinoise, non seulement par les produits exportés et les techniques de transports montrés, mais surtout par les informations et données ainsi récupérées par la Chine. De son côté, le monde arabo-musulman privilégie la culture, plus précisément la religion, avec la propagation de l’islam et la vague migratoire, qui crée des enclaves étrangères et oblige un Occident laïque à vivre avec une religion qu’il ne connaît pas.

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Mardi 10 mars 2020

Bruno Tertrais, politologue spécialiste en analyse géopolitique et stratégique, a publié Le choc démographique, qui explique les causes et conséquences du vieillissement de la population mondiale en mutation et de la diminution de l’Occident, face à une augmentation de l’Afrique. Cette conjonction est sans équivalent dans l’histoire de l’humanité, puisque ce vieillissement et cette diminution vont jusqu’à l’Eurasie. Ainsi, l’âge médian chinois devrait cette année dépasser l’âge médian américain. Ces crises démographiques vont de pair avec une montée de l’urbanisation, puisque plus de la moitié de la population mondiale vit aujourd’hui en ville. La question migratoire, qui fait partie de ce choc démographique, ne peut, selon Tertrais, pas forcément être qualifiée en elle-même de choc. Zemmour, lui, est parfaitement d’accord avec le titre du livre présenté, et rappelle que la démographie ne se limite pas aux statistique et chiffres, mais qu’elle est aussi une façon d’approcher l’histoire. Il appuie son propos sur deux citations attribuées à Auguste Comte, bien que la première soit en fait apocryphe : « la démographie c’est le destin » et « les morts gouvernent les vivants ». L’explosion démographique actuelle est la revanche de l’histoire. Ainsi, l’Europe a dominé et colonisé le monde, parce ce qu’elle était techniquement avancée, économiquement dynamique, et qu’elle a été la première à connaître l’explosion démographique. Ainsi, en 1900, la population européenne représentait quatre fois celle de l’Afrique, situation qui sera renversée en 2050. L’Afrique va donc tenter de coloniser l’Europe. Mais Tertrais ne veut pas appliquer un concept de revanche de l’Histoire, par ailleurs existant, à l’Afrique, et demande en quoi des immigrés africains nombreux seraient équivalents à la colonisation de l’Afrique par l’Europe. Zemmour lui explique alors que les premiers colons américains étaient en réalité « des gentils immigrés ». Seulement, alors qu’une immigration qui s’assimile peut être appelée immigration, une immigration qui ne s’assimile pas est une colonisation. C’est ainsi que les deux millions de Français vivant dans ce qui n’était pas encore l’Algérie ont colonisé un territoire qui comptait un million d’habitants, en ne cherchant aucunement à s’intégrer.

La transition démographique se décrit par une mortalité décroissante et une natalité forte et continue, par réflexe, par crainte que les enfants ne meurent, puis une natalité en déclin, par rebond d’une mortalité plus faible. Tous les pays connaissent ce phénomène, excepté l’Afrique, dont la natalité devrait décroître dans vingt ou trente ans. Cependant, il faut veiller à ne pas tirer de conclusions hâtives : les flux migratoires ne représentent pas un bloc homogène remplaçant un autre bloc homogène, même si les populations occidentales évoluent, sans que l’on puisse parler de Grand Remplacement. En effet, l’évolution des peuples n’est pas forcément un problème. En revanche, pour Zemmour, l’histoire du monde est celle des grand remplacements, où le plus nombreux subvertit le moins nombreux. Pour lui, les distinctions sont fausses et faites pour perdre les esprits. On tente de faire voir, non pas des masses migrantes, mais des individus, parce que si une masse est physique, un individu est moral, ce qui paralyse l’action. Or, l’immigration est une affaire de masses, et ces masses ont une identité importée qu’elles veulent garder, d’où la création de diasporas et d’enclaves étrangères. Zemmour lui demande l’assimilation, qui concerne la culture et l’histoire, et non l’intégration, qui n’est qu’économique.

Concernant l’immigration, elle n’est ni un problème ni une solution du point de vue économique. En effet, une population qui s’installe comme main-d’œuvre va en vieillissant avoir besoin d’aides sociales. Mais elle n’est pas non plus un problème car les immigrés participent à la construction des sociétés européennes. Il est, selon Tertrais, nécessaire de normaliser le débat sur l’immigration, la gauche doit s’en saisir au lieu de le laisser aux extrêmes. Si l’on peut restreindre l’immigration de travail, il faut sacraliser le droit d’asile, ouvrir les débat de la fermeture des frontières, la laïcité et la place de l’islam dans les civilisations européennes. Laisser exister un afflux de travailleurs organisé et encouragé mais non géré a des effets politiques imprévus, d’où l’importance d’un cadrage. Zemmour lui, ne veut pas être dans le “en même temps” macronien, ou, ici, le ni ni. L’immigration est pour lui une catastrophe économique, d’abord parce qu’elle engendre depuis cinquante ans une pression à la baisse des salaires, ce qui explique que le patronat ait voulu l’immigration, ensuite parce que le regroupement familial, avec tout ce qu’il engendre de dépenses en écoles, hôpitaux, prisons, donne ce résultat qu’un immigré coûte quatre fois ce qu’il rapporte. Le chômage est également élevé dans ces populations, avec 20 %, sans même parler des jeunes d’origine étrangère. Zemmour alerte sur le cache de la complexité, qui entraîne un discours d’impuissance. Il explique qu’il n’y a plus d’immigration économique, elle ne représente que 20 000 personnes par an, donc rien. Les flux migratoires d’aujourd’hui sont liés à un droit d’asile pas respecté. Le droit d’asile devrait concerner un individu avec sa famille, les autres ne sont que des « envahisseurs ».

Pour Tertrais, la solution face au choc démographique est le contrôle des frontières extérieurs de l’espace Schengen. La création de cet espace s’est faite trop vite, tout comme la création de l’euro, et ce système ne sera sauvé que par un contrôle des frontières extérieures, mais un contrôle humain. Cette dernière expression est pour Zemmour dénuée de sens, elle n’est qu’une création de l’idéologie immigrationniste de la Commission. Il affirme qu’il faut, comme Orban, fermer les frontières et supprimer certains droits, car les immigrés n’ont pas à décider de l’immigration. Il faut ainsi supprimer le regroupement familial et renvoyer les délinquants.

Pour aller plus loin

Le regroupement familial est à l’heure actuelle source de précarité des ménages, de dépenses sociales et d’enclaves étrangères. Ainsi, les travailleurs peu qualifiés et peu payés font venir en France une famille importante aux besoins de laquelle ils ne sont pas en mesure de subvenir. Ces familles sont donc à la charge de l’État, qui paie allocations familiales, aides au logement, aides pour enfant en bas âge, bourses étudiantes, etc. Enfin, ces familles avec un faible niveau de vie se trouvent cantonnées dans des espaces peu chers, ce qui, dans les grandes villes, va de pair avec un niveau d’instruction médiocre et, malheureusement, une forte concentration de personnes issues de l’immigration et ayant refusé l’assimilation, d’où la création d’enclaves étrangères.

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Mercredi 11 mars 2020

Ancien vice-président du Medef, Thibault Lanxade, auteur de En finir avec la dictature du salariat, est venu mercredi discuter du dialogue social avec Éric Zemmour, dialogue dont les difficultés sont incarnées par les difficultés gouvernementales à mener la réforme des retraites. L’âge de départ pourrait ainsi être fixé à 63,2 ans, âge sur lequel s’accordent le patronat et le salariat, ce qui montre que le dialogue social fonctionne. D’ailleurs, 90 % des négociations syndicales dans les entreprises aboutissent. Le système entrepreneurial est ainsi cogéré par le patronat et le salariat, selon un système paritaire. Ce système a été créé par de Gaulle pour permettre l’entente de syndicats, à l’époque politisés autour du communisme, et des entreprises. Ce système fonctionne sans l’intervention de l’État, qui n’agit qu’en l’absence d’un consensus et impose alors ses vues. Pourtant, selon Zemmour, la négociation sociale n’existe pas. Dans l’imaginaire des Français, elle a lieu à un niveau national et ressemble à un jeu de rôle. C’est ainsi que, sous Sarkozy, tout était ritualisé pour que le Président puisse dire qu’il résistait à la rue. Par ailleurs, les syndicats ne représentent que la proportion dérisoire de 8 % des salariés, ils sont présents presque exclusivement dans la fonction publique et n’existent qu’artificiellement, afin de faire croire à un dialogue social. Si Lanxade admet que le jeu de rôles existe au niveau national, comme dans tout autre thème, il maintient que les négociations d’entreprises sont plus que rarement instrumentalisées. Par ailleurs, s’il est exact que la représentativité salariale dans les syndicats est très faible par rapport au reste de l’Europe, les syndicats français se battent pour l’ensemble des travailleurs, et pas seulement pour les adhérents, ce qui est rendu possible par la taxe syndicale payée par les entreprises.

Au-delà des syndicats, le monde d’aujourd’hui est marqué par l’uberisation, qui pousse de plus en plus de travailleurs à se déclarer auto-entrepreneurs, poussés par un désir de flexibilité et de souplesse dans leur travail. Toutefois, ce système reste précaire, d’où une requalification massive des auto-entrepreneurs dans un salariat flexible, comme l’actualité le montre avec les salariés d’Uber. Selon Laxande, il faut offrir aux salariés la possibilité d’être auto-entrepreneurs et désacraliser le CDI, dont dépendent beaucoup de systèmes en France, comme le crédit bancaire. Le système d’entreprenariat a été conçu au départ pour certains travailleurs qui souhaitaient « slasher », tels les étudiants qui voulaient concilier vies professionnelle et étudiante. Zemmour lui, affirme que l’auto-entreprenariat est le nouvel outil d’exploitation du capitalisme. Alors qu’après la Révolution, la loi le Chapelier avait conçu le salariat comme un moyen d’exploitation des travailleurs, les lois sociales successives ont rendu ce statut beaucoup plus sécurisé et avantageux. Le capitalisme a alors recouru à de nouveaux moyens pour faire baisser les salaires, comme l’arrivée des femmes et des immigrés sur le marché du travail. Aujourd’hui, il invente la mondialisation et l’auto-entreprenariat, c’est-à-dire la sous-traitance des activités à des gens moins payés, sans droits sociaux. Dans ce nouveau monde, les technologies permettent l’aliénation de personnes qui se croient libérées, via les abus de certaines plateformes, abus reconnus par Laxande. Selon lui, la dépendance des indépendants à une plateforme pose problème, et montre la nécessité d’une définition parfaite qui sépare le salarié et le travailleur indépendant. Un salarié, c’est ainsi une hiérarchie, une mission, une subordination.

Si le salariat peut donner lieu à une situation précaire dans le cas d’un CDD, d’un salaire bas ou d’une situation personnelle difficile, l’auto-entreprenariat est évidemment une situation bien plus précaire. Zemmour rebondit donc sur cet accord de Laxande pour réaffirmer que l’auto-entreprenariat est le leurre ultime inventé pour tuer le salariat, qui avait déjà reçu le coup de grâce avec la mondialisation, c’est-à-dire la mise en concurrence avec des travailleurs bien meilleur marché. Laxande reconnaît d’ailleurs que la mondialisation a ses limites, limites que le CoVid-19 va d’ailleurs montrer en ralentissant l’économie chinoise, ce qui entraînera probablement une certaine relocalisation. Mais le problème français vient avant tout du matraquage fiscal, avec un différentiel de charges de plus de 80 milliards entre l’Allemagne et la France. Zemmour reconnaît ce matraquage qui a commencé lorsque, en 1968, le poids du pétrole a été porté sur les entreprises en France et sur les particuliers en Allemagne. Le problème vient également d’un système social obèse, le plus protecteur au monde, et surtout ouvert sur le monde entier. Mais le problème vient aussi de la délocalisation. Ainsi, quand l’Allemagne délocalise, elle garde la fin du travail, alors que les Français délocalisent l’ensemble du travail, analyse que Laxande nuance en rappelant que certaines entreprises ont toujours gardé le savoir-faire et l’innovation en France, même si certaines entreprises ont, en vendant certains savoirs, participé à l’élévation chinoise au nom des nécessités du moment.

Le débat s’est clos sur la question du salaire des grands patrons, problème sur lequel Laxande a été l’un des premiers à alerter. Les rémunérations hautes, injustifiables et incompréhensibles sont un sujet complexe, qui nécessite de différencier le salaire, la prime, le bonus, l’intéressement et le dividende, mais aussi de différencier les différents types de grands patrons, qu’ils soient fondateurs de leur entreprise, héritiers ou chefs nommés. Si Laxande n’est pas opposé à l’encadrement des rémunérations, il préfère éviter l’encadrement des dividendes, car ce type de revenus relève d’une prise de risque. Par ailleurs, il existe un dividende salarié, sur lequel il travaille lui-même. Zemmour lui, considère que, toujours à cause de la mondialisation, les salaires ont été comprimés par le bas pour que patrons soient mieux payés, d’où une explosion des milliardaires. Le système d’aujourd’hui ne peut selon lui pas être moralisé car les patrons sont payés par la Bourse et non par la production.

Pour aller plus loin
Le monde du travail connaît actuellement une véritable révolution, non seulement à cause de l’automatisation mais aussi à cause de l’explosion du statut d’auto-entrepreneur. Si ce statut permet une certaine indépendance, dans les horaires, le lieu de travail ou les missions, il fait surtout entrer dans un système précaire, où il n’y a, par exemple, ni assurance chômage, ni congés maladie. Ce système est évidemment prisé par les entreprises, qui demandent de plus en plus à leurs salariés, ou candidats au recrutement, de se déclarer comme auto-entrepreneurs, ce qui leur permet de payer moins de taxes. Les entreprises sont, de fait, submergées par les taxes, tout comme les particuliers, et ce système engendre une guerre intestine où chacun essaye d’économiser le plus possible, tout cela pour que les taxes subviennent à des dépenses publiques nationales excessives, que ce soit dans les logements des élus, leurs transports, ou les retraites des anciens Présidents.

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Jeudi 12 mars 2020

Aurélien Taché, député LaREM, et ex-membre du Parti socialiste, auteur des 72 propositions pour l’intégration des étrangers, se définit lui-même comme démocrate internationaliste progressiste. Il est venu clore la semaine du “Face-à-face” avec un débat sur le progressisme. Pour lui, le progrès est rattaché à la liberté, qui doit s’exercer dans tous les domaines, pas uniquement dans l’économie ou la technique. Le progressisme appelle à sortir de l’utilitarisme, pour obtenir la liberté de l’individu partout. Taché refuse par exemple l’obsession du salariat pour aller vers des « coopérantes ». Le progressisme est pour lui le socialisme utopique, le progressisme romantique. Zemmour voit dans cette logique un produit de l’évolution du concept de progrès, qui est une laïcisation du messianisme chrétien, une idée selon laquelle la science doit apporter un progrès moral et social. Comme il l’a expliqué lundi face à Maffesoli, ce progrès est mort avec la Première Guerre mondiale, puis avec le communisme. Taché est donc un produit du progressisme devenu individualisme. Seulement, ce progressisme se heurte à deux écueils : le capitalisme qui utilise la liberté pour exploiter plus facilement, comme expliqué la veille, et l’islam qui utilise le culte de la liberté individuelle. Taché rétorque que l’individualisme est en fait l’humanisme, et appelle à inventer la protection sociale en dehors des liens de subordination, une société différente basée sur l’individu autonome et libre de ses choix.

Le progressisme n’est pas seulement économique, mais aussi culturel et politique. Taché souhaite ainsi l’avènement des États-Unis d’Europe, le dépassement du périmètre naturel et de la nation homogène pour un projet qui dépasse les appartenances. Il reproche d’ailleurs à l’Union européenne de ne pas réagir contre le CoVid-19, auquel il faut des réponses transnationales. Selon Zemmour, Taché est ainsi condamné à être déçu car il nie la réalité, qui est l’absence d’un peuple européen : seule une civilisation européenne existe. En revanche, il nie que la Nation soit naturelle : ce qui est naturel, c’est la famille et la structure tribale. La Nation est appuyée, construite lentement par les rois, la religion, ce qui engendre la constitution d’un peuple, représenté par une population, un territoire et une culture, et l’individualisme refuse de voir cette réalité. Le peuple français est ainsi incarné dans un territoire, une culture, une histoire, la religion chrétienne et la pensée grecque et romaine. La France s’est construite par rapport à l’Église, en réaffirmant constamment son indépendance du Vatican, indépendance affirmée tant par les rois que par les cardinaux. C’est ce que Zemmour nomme le génie français, l’indépendance politique. La Nation est un équilibre subtil entre l’ethnie et l’universel, d’où la naissance de la démocratie, lorsqu’une minorité accepte de se soumettre à une majorité, que le peuple, et non l’individu, prend le pouvoir. En détruisant la Nation, on détruit donc cet équilibre. Pour Taché, le seul concept de peuple est le peuple politique, la Nation doit reposer sur société plurielle. Il reproche à Zemmour de réduire le roman national et de refuser que la France ait une part d’Afrique en elle, affirmation que Zemmour inverse. Selon Taché, la gauche doit reprendre un roman national monopolisé par la droite.

Pour clore le débat et la semaine, le débat s’est porté sur les groupuscules progressistes qui empêchent les autres de parler, sous forme de combat anti-raciste. Taché explique ces actions « un peu radicales », par le fait que la gauche n’a jamais pensé sérieusement l’anti-racisme. Pétrie de marxisme, elle serait aveuglée sur la discrimination et le racisme, dont la droite conservatrice s’est emparée, d’où aujourd’hui une bataille idéologique forte et une gauche contaminée, donc des jeunes qui, lorsqu’ils se posent des questions, ne trouvent pas d’autres réponses que celles des radicaux. Dans ce combat, la droite a pris une telle avance qu’elle peut maintenant se poser en victime, alors même que le mâle blanc quinquagénaire monopolise les plateaux télé et que toutes les études montrent combien les discriminations doivent être combattues. Zemmour moque la gauche qui voit des complots partout, alors qu’il est légitime de défendre des convictions. La droite ne contrôle selon lui ni les médias, ni les universités, mais les indigénistes et les décoloniaux contrôlent tout, et Taché reprend leur idéologie. Les discriminations sont mythiques et idéologiques, et les indigénistes et décoloniaux sont en fait les vrais racistes et les vrais colonisateurs. Les soutenir est une trahison, comme soutenir les États-Unis d’Europe, dont Taché précise qu’ils doivent être démocratiques et peuvent l’être parce qu’il existe un peuple politique européen. Soutenir les indigénistes et les décoloniaux engendre un radicalisme qui s’implante dans un nombre croissant d’enclaves étrangères. Si, comme le dit Taché, la démocratie forme une société dans laquelle les minorités ne peuvent pas être écrasées, Zemmour précise qu’aujourd’hui, les minorités se sont faites écrasantes. On constate un refus d’être une société, refus que les progressistes bénissent en affirmant que c’est le vivre-ensemble qui permet de faire société. Mais pour être une société, il faut une civilisation commune, donc une religion commune. Dans une société saine, les minorités se font donc discrètes, comme cela était le cas dans la République, qui exigeait ce pacte de discrétion jusque dans les années 80. Aujourd’hui, la France blanche et catholique a été remplacée par un islam politique et juridique, qui ordonne de tuer chrétiens et juifs. Taché, lui, affirme que le pacte de discrétion a été mis en place après l’expansion du catholicisme dans la société française, faisant ainsi du catholicisme un objet politique, alors que les langues et les religions sont des objets qui se mélangent et s’enrichissent. L’islam est d’abord une religion et, s’il faut combattre l’islam radical et identitaire, il faut aussi défendre la liberté de conscience et l’islam comme religion d’un individu. Il reproche enfin à Zemmour de mélanger débat et théorie scientifique, qualifiant le Grand Remplacement de fake-news.

Pour aller plus loin

C’est parce que le système français s’est profondément construit sur la chrétienté qu’il est aujourd’hui impossible à l’islam de s’y intégrer. L’islam est une religion et un système juridique, et les deux sont inextricablement liés, comme le montrent les versets médinois du Coran, qui expliquent comment les sociétés musulmanes doivent être régies, et l’institution de la charia, que plus d’un tiers des musulmans vivant en France estime supérieur à la loi française. Cette religion et cette façon de pensée rendent l’assimilation des musulmans particulièrement difficile, puisque la France demande que la religion reste dans le cadre privé. Par ailleurs, l’islam est bâti sur les sociétés tribales qui ne reconnaissent pas l’individu, alors que cet individu est l’une des composantes du peuple français. Les façons de penser et de concevoir la réalité sont donc radicalement différentes. Les musulmans qui ne souhaitent pas perdre une part de leur identité musulmane pour adopter la culture française refusent donc de s’assimiler, et deviennent, consciemment ou non, soldats du Grand Remplacement et de la colonisation de la France.

https://dai.ly/x7so31r

Adelaïde Paiguille

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Notifiez de
Marnie

C’est inouï d’imbécilité que Taché ose parler de d’une hypothétique intégration des étrangers : surtout du monde musulman qui n’aspire qu’à humilier et détruire tout ce qui n’est pas lui. Cet olibrius vit dans son monde de socialo-coco un point c’est tout. Taché veut que le monde occidental disparaisse. D’ailleurs il le méprise et même le hait. Il n’aspire qu’à une mondialisation qui nous tue actuellement sans faire avancer d’un pouce l’humanité.

molina

Ne mettez pas le pilote automatique lorsque vous etes soumis à l’égout mérdiatique qui déverse tous les jours sa propagande anesthésique dans votre salon et au besoin coupez le son puis concentrez vous sur l’image : Les yeux de la tache sont vides , comme ceux d’un requin , c’est charbonneux ! ‘y’a personne aux fenêtres contrairement a Eric ,le zygomatique est avachi comme en transe hypnotique , en somme la tache est un gant vide investi par une main de ténèbres , la même main glacée qui anime les mêmes macroniens partout ailleurs pour faire avaler les pires couleuvres aux cerveaux mous , on ne voit pas les fils de la marionnette qui s’agitent au dessus ! et ceux qui m’accuseront d’être parano-comploteux allez tous vous faire foutre il y a ce qu’il vous faut a l’élysee

POLYEUCTE

Attachée de Presse de Zemmour et candidate au remplacement de Sibeth?
Quand il sera Président ?

denfer VICTORIA

Patriotes….. Allez voter, c’est le moment car beaucoup de Français « mougeon » vont s’abstenir par peur de contamination….
Un *mougeon * c’est un Français *mouton* *pigeon*….

denfer VICTORIA

Le « Mougeon », spécialité française…..
http://www.contre-info.com/le-mougeon-specialite-francaise

FRANCE PILLEE

Tocqueville disait que la démocratie c’était la tyrannie de la majorité ; en France, la démocratie est la tyrannie des minorités
– les vegans qui s’attaquent aux boucheries
– les noirs et immigrés qui veulent prendre les places des blancs (pas que dans l’art cinématographique)
– les apôtres du transgenre qui applaudissent quand dans les collèges 2 % des élèves veulent changer de sexe
– les immigrés qui débarquent en France pour profiter (allocations, écoles gratuite, santé gratuite.) et qui veulent nous imposer leurs moeurs et régime politique
– les défenseurs des animaux qui privilégient l’animal à l’homme
etc…

FRANCE PILLEE

j’oubliais les féministes à l’assaut de l’homme (surtout le blanc bien sûr)

FRANCE PILLEE

Merci Madame de commenter les débats de Zemmour sur C-News ; vous réalisez ainsi une oeuvre de salut public ; j’y reviendrai demain
je me contenterai de dire que le plus important des périls est démographique et qu’il faut donc fermer les portes de l’Europe car le progrès médical conduit à un accroissement de population
– il faut limiter les naissances dans les pays et communautés non civilisés
– il faut trouver un équilibre entre l’individualisme (un peu) et l’intérêt général (le holisme : les traditions de la communauté nationale, la civilisation européenne)
– il faut trouver un équilibre entre le sentiment et la raison (privilégier cette dernière en mettant l’accent sur l’ordre, la justice, (la justice française ne fait peur qu’aux gens honnêtes), la prospérité des Français

HARGOTT

“Zemmour, rejoint ici par Maffesoli, considère qu’il est en fait en crise depuis la Première Guerre mondiale”.
Désolé, mais c’est vraiment faux! C’est être aveugle aux 30 glorieuses, à cette volonté de reconstruire, à cette foi dans le progrès qui s’est emparée du monde après 1945. Il faut rechercher l’origine de la crise dans la folie de la mondialisation depuis les années 1990, avec la perte d’identité (aussi bien en Asie qu’en Occident) qu’elle a entraîné, cette destruction de la diversité du monde, qui, contrairement à ce qu’on nous serine (“soyez ouverts à la diversité”), égalise tout. Ceux qui voyagent vraiment s’en rendent compte: civilisation Disney pour tous, voilà les vraies racines de la “crise”.

FRANCE PILLEE

le progrès technique et médical nous a enrichi mais a créé la surpopulation qui nous détruira

sanzanicroche

trimer toute sa vie pour payer sa pierre tombale c’est ça la richesse ?mieux vaut entendre ça que d’etre sourds ! ce n’est absolument pas nous les gaulois qui “surpopulationnons” avec moins de 2 enfants par couple notre quantité de peuple blanc n’est meme pas maintenue a cause des politiques hostiles aux blancs depuis …1945! quant a “l’enrichisement” celle là elle est bien bonne pour les oreilles des “riches” (!!^^)gilets jaunes qui ont a peine de quoi bouffer chaque jour contrairement aux envahisseurs qui sont a l’hotel 4 etoiles ! donc vous parlez peut etre pour vous mais si nous etions si “enrichis” (a moins que vous ne parliez de notre enrichissement “culturel” , vols viols etc par des “chances”?) il n’y aurait pas des manifs tous les samedi depuis 1 an et demi !

sanzanicroche

en fait c’est depuis l’occupation anglo USA en 1945 jusque aujourd hui , Une « crise » ou l »austerité » c’est juste le nom hypocrite et « déresponsabilisateur » d’ un montage politico mafieu comme il y en a en permanence depuis 1945 pour avoir le prétexte de faire main basse tous les 50 a 60 ans sur toutes les richesses d’un pays et surtout des économies de ses habitants sans craindre d’être poursuivis ni mis en taule pour longtemps.
Comme les essaims de sauterelles sur un champ ils ne s’arretent que lorsqu’ils se sont approprié de moindre lopin de terre et le moindre quignon de pain , pour comprendre allez voir ou revoir ceci : https://www.youtube.com/watch?v=DWEANl4SmHQ

Jill

On peut toujours tourner le problème dans tous les sens, on arrive à une certitude :l’Islam et ses adeptes sont incompatibles avec notre civilisation, notre culture, nos traditions ;ils sont un fléau pour notre société.

malein

Le gros problème avec l’islam c’est qu’il est surtout incompatible avec notre temps. Imaginons notre société régie par les lois islamiques et surtout l’éducation scolaire ayant un programme entièrement basé sur l’islam. Ce serait un retour à notre propre Moyen-Age. C’est peut-être une question de civilisation,de culture, de traditions mais c’est surtout une question de temporalité. L’humanité doit aller de l’avant même si ce n’est pas toujours pour le meilleur. L’humanité est le mariage de la race humaine pour le meilleur et pour le pire… Où ceci mènera-t-il? Je n’en sais absolument rien du tout mais je sais qu’il ne faut surtout pas chercher la solution en se convertissant à l’islam.

paul nareffe

je confirme l’islam est incompatible avec nos us et coutumes, notre laïcité, notre mode de vie, essayer de nous faire vivre aux cotés de ces éternels mendiants à l’idéologie du Moyen Age est un non sens et ne peut que conduire à l’affrontement.

senechal

Et…toujours personne pour neutraliser ces tarés???.
C’est vraiment étonnant que toutes les institutions qui font bloc autour des décisionnaires dévoyés, complètement à la ramasse, ne soient pas davantage attaqués et violentés.
N’oublions pas que les dernières élections présidentielles se sont déroulées dans des conditions dignes d’un hold-up ou comme un coup d’état dont les conséquences auraient dues être traitées de manière appropriées.

molina

bien vu!

bernard

Pour une fois je ne reproche pas la longueur de l’article qui est fort intéressant.

Emile

Le problème avec des Taché , c’est qu’ils fonctionnent à l’idéologie….
Ils appréhendent les situations à travers leur logiciel qui déforme le réel pour le faire correspondre à leurs idées
Aucun pragmatisme, aucune rigueur de raisonnement
De purs produits de nos dévastatrices lumières

HARGOTT

Pas nécessaire de parler informatique: le mot schizophrénie suffit largement.

patphil

zemmour est parfois énervant mais ce qu’il ressasse chaque fois n’est il pas la vérité qu’on peut voir quand on se promène dans les rues ?
taché, stasi et autres sont dans le déni de réalité évident

Joker 🃏

Taché c’est le corona connard dans toute sa laideur.. Il est bête à manger du Pangolin…

Nicolas

PLUTOT SA BETISE car iI est l’image frappante de celui qui a 35 ans est resté mentalement a l’age de l’adolescence toujours en quete d’attention avec ses contortions intellectuelles maladives pour se distinguer vis a vis des autres comme dans une cours d’ecole .
Maintenant quand tous les “Mohamed” qu’il defend dans l’oise seront majoritaires d’ici quelques annees ils le remplacerons par un des leur comme depute ,car s’il croit qu’ils lui seront reconnaissant pour les avoir soutenu avant alors c’est un idiot comme on l’est plus ou moins a l’age de l’adolescence!
Les gauchistes en Iran qui avait soutenu Khomeni quand il pris le pouvoir ont tous ete zigouillés?

Jill

En effet, comme M. Berrichon, l’Islam peut en vouloir à ceux auxquels il doit quelque-chose ;et plutôt que d’être redevable, on élimine.

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