Zemmour contre Mahjoubi : ma banlieue est devenue une enclave étrangère

Publié le 27 février 2020 - par - 6 commentaires - 1 638 vues

Le couple Zemmour-Kelly avait pour invité, ce mercredi 26 février 2020, le dénommé Mounir Mahjoubi. Un nouveau record d’audience pour CNews avec 340 000 téléspectateurs ! Né en 1984, celui qui sera plus tard secrétaire d’État au numérique se présente comme fils d’immigrés marocains qui doit sa réussite à l’école. Une jeunesse passée au moment du boum de l’informatique, de l’euphorie des start-up et du triomphe de l’idéologie blacks-blancs-beurs. Non dénué d’ambition et de talent, il réussit à Sciences Po et fait ses débuts en politique en adhérant au Parti socialiste dès l’âge de 18 ans. La religion des droits de l’homme et du vivre-ensemble ne semble pas l’avoir quitté depuis.

https://youtu.be/te6u3aqxwvk

Christine Kelly invite les protagonistes à donner leur définition du macronisme et Mahjoubi nous fait un numéro de jeunisme en expliquant qu’il fallait « lutter contre les systèmes établis (…), jouer contre le système encroûté de notre démocratie ». Il se félicite de l’effondrement des « vieux  partis », bien qu’ils fussent déjà morts de l’intérieur comme le lui rappellera plus tard Zemmour ! Au rancard, les vieux mâles blancs hétérosexuels ! Du passé faisons table rase ! C’était bien l’idéologie dominante des années 2000, héritée de 1968 ! En résumé : le macronisme, c’est se rebeller, exprimer sa différence, et porter un regard optimiste sur l’avenir. Quel angélisme ! Puis il ajoutera, à propos de l’acte II de la présidence Macron, mise à mal par les Gilets jaunes : « notre enjeu, c’est réconcilier » en convenant que le nouveau pouvoir en place s’était vite heurté à la réalité de la France profonde.

Après avoir abattu ses cartes, il écoute sans protester le portrait du macronisme en cinq points, brossé par Éric Zemmour :

  • Un rassemblement des bourgeoisies de droite et de gauche
  • Une filiation louisphilipparde
  • Une tendance à vouloir desserrer l’étau des institutions de la Ve République, comme ont tenté de le faire jadis Lecanuet, Giscard, Chaban-Delmas et Rocard
  • Un programme consistant à vouloir adapter la France à la mondialisation libérale, quel qu’en soit le prix à payer pour le pays
  • Une méthode d’oxymores consistant à dire tout et son contraire au nom du « en même temps » : une contradiction permanente qui empêche d’avancer !

Il donne pour exemple d’oxymore l’attitude de Macron face à la déferlante migratoire, qui dans son discours sur le séparatisme a fustigé l’immigration de masse alors qu’il a ratifié, en catimini, le Pacte de Marrakech ! « Vous croyez être des rebelles alors que vous êtes la dernière incarnation de l’ancien monde, celui de la bourgeoisie mondialisée » lance-t-il à son adversaire du soir.

Zemmour ajoute que si le projet est de « réconcilier », c’est bien la négation du macronisme qui prétendait tout rassembler. Or Macron s’est heurté à la France  « de quelque part », qui a réagi à la France « de nulle part » !

Reprochant à son adversaire de ne voir le macronisme que sous l’angle de l’économie (en pratique l’application de mesures à la Schröder, quinze ans plus tard), Éric Zemmour explique que les enjeux majeurs ont basculé : « on est dans un monde axé sur l’identité ». Et aujourd’hui, la France doit affronter trois défis : « le Grand Remplacement, le grand réchauffement et le grand déclassement ».

Il précise : « on est dans un monde où l’identité est fondamentale : on vit de moins en moins ensemble et quand il y a deux civilisations sur le même sol, ça finit par un affrontement  (…). Macron le sait, il comprend ce qui se passe mais ne sait pas comment faire… »

Mais Mounir Mahjoubi défend bec et ongles son maître à penser, qui incarne, selon lui, la « fierté d’être européen » et la volonté « d’avancer ensemble ». Il a une haute idée de la réforme des retraites. Il reproche à Zemmour de caricaturer les choses et d’ignorer la capacité des personnes à évoluer.

Puis vers la 17e minute, Zemmour fait remarquer qu’en 1984, année de naissance de son interlocuteur, la loi imposait encore de donner des prénoms du calendrier aux nouveau-nés (cette loi sera abolie en 1993), et que les parents Mahjoubi n’ont pas respecté cette règle… Craignant de voir réapparaître un débat houleux sur les prénoms, Christine Kelly, toujours avec tact et délicatesse, coupe court à la polémique et lance la question suivante : «  On reproche à Macron de se droitiser : ne s’est-il pas placé à l’extrême droite de son parti ? »

Mahjoubi défend la voix de son maître : « il aborde les vrais problèmes avec des valeurs humaines et fermeté (…) Il faut convoquer nos valeurs républicaines pour aller vers un chemin de fraternité ».

Convoquer nos valeurs pour construire ! Mais n’est-ce pas de la langue de bois ?

Pourtant, et c’est à son avantage, Mounir Mahjoubi n’est pas dans le déni : «  il faut identifier ces autres qui ont tenté d’éloigner de la République certains concitoyens »  allant même jusqu’à mettre en cause l’École qui aurait « raté quelque chose » ! Pas très gentil pour ses amis de gauche qui pilotent l’Éducation nationale depuis des décennies !

Le gang des Buttes Chaumont, Paris XIXe arrondissement.

Toujours incisif, Zemmour repart « vous savez ce que c’est, des enclaves étrangères ? La France, ce n’est pas Mac Donald ; tu ne viens pas là comme tu veux. On rejoint un peuple, on ne rejoint pas des valeurs, ces « valeurs de la République » qui ont changé dix fois ! »

Zemmour n’est pas tendre avec La République en Marche qui selon lui n’est pas un parti. Macron gouverne seul avec Kohler, lâche-t-il. Il incarne « la société des individus  qui empêche l’État-nation d’imposer quoi que ce soit aux nouveaux arrivants et aux anciens (…) Il fait des discours, mais il n’y a pas d’action derrière ! ». Il rappelle les chiffres : 270 000 entrées légales par an, auxquelles s’ajoutent 100 000 demandeurs d’asile (qui ne quitteront jamais le territoire) sans compter les « migrants ». Ce chiffre a doublé sous Sarkozy. À propos des « mineurs non accompagnés », il ajoute sans état d’âme : « le Maroc, le Mali nous envoient leur pègre, des délinquants qu’on se contente de mettre à l’action sociale ».

Il cite l’étude de Pierre Milza, sur l’immigration italienne entre 1870 et 1940 : sur 3 millions d’entrées, 2 millions ont été renvoyés parce qu’ils ne s’assimilaient pas… On frôle le débat sur la remigration !

Sans nier les velléités de conquête islamique revendiquées par certains, Mahjoubi, qui connait bien le XIXe arrondissement et la commune d’Aubervilliers voisine, n’y va pas par quatre chemins : « vous avez raison, dit-il à Zemmour, il y a un ennemi qui est majoritairement issu de la mouvance islamiste et qui manipule des esprits dans certains quartiers (…). J’aimerais que nous identifions ensemble les quartiers où il faudrait agir ». Et Zemmour de répondre que le gouvernement de Macron n’a fermé que trois mosquées salafistes alors qu’il y en a… 150 !

Zemmour rappelle avec nostalgie qu’il a vécu dans une banlieue encore française, ce à quoi Mahjoubi a répondu en l’invitant à venir constater que la diversité pouvait être aussi une réussite dans le XIXe arrondissement dont il est député.

École maternelle à Saint-Ouen en 1950. Archives municipales

Mounir Mahjoubi a montré un aspect candide qui l’a rendu plutôt sympathique au cours de ce débat. Rien à voir avec le prétentieux Jack Lang de la veille ! Mais quel sera son avenir politique ? Il s’est passionné pour les élections municipales, tout en jouant toujours les mêmes cartes mondialistes et immigrationnistes : Villani, puis Griveaux-la-mauvaise-pioche, puis aujourd’hui Agnès Buzyn.

Bien qu’il s’en défende, il est pieds et poings liés au système autocratique macronien, qui n’a rien à envier au système qu’il prétendait combattre !

Hector Poupon

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Bribrilanarchistededroite

Il essaie de parler, mais ne sait pas, pauvre macroniste

POLYEUCTE

C’était à MOUNIR DE RIRE !

kallia

Macron nous a vendu un “nouveau monde”, en fait c’est l’apogée de l’ancien au vu du nombre “d’affaires” au gouvernement qu’il disait exemplaire!!
On pourrait en rire si ce n’était pas si triste pour le pays.
Je ne m’attarde pas sur le contenu du débat qui était globalement sans intérêt, du fait du faible niveau de l’adversaire (à l’image des “experts” ayant rejoint ce parti qui n’est qu’une vaste fumisterie).
Aucun argument valable, juste de l’idéologie, à laquelle il a du mal à croire lui-même…et ça se voit. Il préfèrerait être au PS mais il n’y a plus de gamelles là bas, alors à défaut il joue la carte de l’opportunisme
Ennui, ennui, alors qu’il y a tant de choses à faire pour redresser un pays qui sombre totalement.

Patrick VERRO

Une fois de plus j’ai bu du petit lait à l’écoute des arguments par un Grand Eric Zemmour ; son adversaire en rhétorique fut courtois mais bien court dans sa contre-argumentation : on passa ainsi, comme bien souvent avec le polémiste, du rêve à la réalité…

Nicolas

Ses parents n’ont pas respectés les lois françaises puisque ne pas choisir un prénom du calendrier était interdit jusqu’en 1993! Non c’est pas ses parents les fautifs. C’est l’état français qui accepte qu’une certaine catégorie de personnes ne les respectent pas!

wika

Je connais des personnes immigrées qui ont repris leur prénom d’origine lorsque la loi n’a plus imposé d’avoir un prénom du calendrier.
Mais ces personnes sont totalement intégrées, c’est ce qui fait la différence.

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