Zeribi et Mandroux, des grandes gueules girouettes qui méprisent le peuple

Pour Karim Zéribi, l’alternative Marine Le Pen n’est « évidemment pas crédible ». Et lui, en quoi il est « crédible » ?
La probable future présidente du Front National et candidate aux présidentielles de 2012 peut dormir sur ses deux oreilles, ou du moins sur son oreille gauche : le PS est toujours aussi autiste depuis 2002, n’ayant tiré aucune leçon du 21 avril où Jean-Marie Le Pen était présent au second tour en éliminant le candidat socialiste Lionel Jospin.
Un exemple parmi tant d’autres : les réactions des participants de l’émission « les Grandes Gueules » sur RMC, le mardi 9 novembre, suite aux premiers résultats d’un sondage en ligne organisé la veille par les animateurs de l’émission.
On demande aux internautes d’« élire le meilleur opposant au Président de la République ». Sont soumis au vote les noms de personnes qui se déclarent ouvertement opposées à la politique de Nicolas Sarkozy : Martine Aubry, François Bayrou, Olivier Besancenot, Eva Joly, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Ségolène Royal, Dominique de Villepin, Cécile Duflot, Nicolas Dupont-Aignan.
Mardi matin, il y a déjà plus de 9000 votants, et une tendance se dégage :
– Marine Le Pen en tête avec 42%
– Puis Ségolène Royal avec 29%
– Puis Jean-Luc Mélenchon avec 21%
– Et tous les autres font 3% ou moins. Même ceux dont on parle beaucoup en ce moment : Dominique de Villepin est à 3%, Martine Aubry est à 2%, donc loin derrière Ségolène Royal qu’on pensait oubliée…
Dans les jours qui suivent, ces résultats vont fluctuer de manière trop spectaculaire pour être honnête. En particulier le jeudi, où des milliers de nouveaux votes arrivent d’un seul coup et font passer Dominique de Villepin en tête avec… 34% ! C’est tellement gros que les Grandes Gueules publient le communiqué suivant : « Consultation terminée. Nous avons attentivement suivi vos commentaires et détecté une tentative frauduleuse de modifier le résultat de cette consultation. Sachez que nos équipes techniques ont isolé ce problème et nous vous communiquerons les résultats avant cette tentative. »

Finalement, le scrutin est clos le vendredi, avec le tiercé suivant (1) :
– Marine Le Pen : 29%
– Ségolène Royal : 21%
– Martine Aubry et Jean-Luc Mélanchon : 11%
Ces chiffres correspondent effectivement à ceux qu’on a pu observer mercredi. Tant pis pour les tricheurs villepinistes !
Quoi qu’il en soit, Marine Le Pen est toujours en tête, et Ségolène Royal en deuxième position.
Le résultat partiel de mardi aurait dû interpeller les participants du jour aux Grandes Gueules, invités à commenter ces chiffres (2). En particulier, on attendait une réaction intelligente et une vraie analyse politique de la part des deux « politiques » du jour : Hélène Mandroux, maire PS de Montpellier et Karim Zéribi, conseiller municipal de Marseille sur une liste socialiste et passé récemment à Europe Ecologie.
Hé bien non ! Aucune réaction, par exemple, au bon score de Ségolène Royal et au fait qu’elle devance largement Martine Aubry. Ca n’inspire rien à Karim Zéribi, pourtant admirateur de la seconde et pourfendeur de la première à chaque occasion qui lui est donnée dans les Grandes Gueules. Ca ne dit rien non plus à Hélène Mandroux, « ségoléniste » en 2007 et devenue « aubryste » en 2010, après avoir quitté le « frêchisme » pour bien rester dans la ligne du parti.
Mais c’est le score très élevé de Marine Le Pen qui suscite le plus énorme bottage en touche.
Quand l’animateur annonce ce chiffre, Hélène Mandroux dit ne pas s’étonner : « Rappelez-vous quand même que Le Pen était arrivé deuxième derrière Chirac et avant Jospin ». Et de nous expliquer qu’à l’époque, elle avait prévu ce résultat et averti ses « petits camarades », les appelant au vote utile dès le premier tour. Elle « sent » la même chose aujourd’hui, constatant le très bon score de France Jamet du FN aux régionales malgré la séduction qu’avait pu exercer Georges Frêche sur les électeurs frontistes.
Karim Zéribi, lui, est « mal à l’aise », puisque qu’il aurait aimé qu’on ne pose pas la question du meilleur « opposant à Nicolas Sarkozy », mais de la personne qui « propose une alternative ». L’animateur lui demande alors : « Marine Le Pen ne propose pas une alternative ? » Karim Zéribi : « Ils s’opposent tous, du moment qu’ils ne sont pas avec lui. Après, la question, c’est : est-ce que l’alternative que les uns et les autres proposent est crédible ? »
Et il répond tout seul à sa propre question : « La réponse pour Marine Le Pen est bien évidemment non. Comme pour Besancenot. Soyons clairs. »
Il est curieux que Karim Zéribi mette sur un pied d’égalité Marine Le Pen (41% dans le sondage) et Olivier Besancenot qui ne recueille que… 1% ! Donc la non-crédibilité du NPA a dû être prise en compte par les internautes. Mais c’est une manière de renvoyer dos-à-dos les « extrêmes », et surtout de botter en touche le débat sur ce que propose concrètement ou non Marine Le Pen. Car ni Karim Zéribi ni les autres participants à l’émission n’expliqueront en rien pourquoi Marine Le Pen ne serait « évidemment » pas « alternative crédible ». Pour Karim Zéribi, c’est « évident », c’est « clair », et passons à autre chose.
La suite du débat sera alors un concours de banalités irréelles entre Karim Zéribi et Hélène Mandroux : si Marine Le Pen arrive en tête, c’est parce que le Parti Socialiste doit « proposer » une « alternative crédible », qu’il en a sans doute une mais qu’il oublie de la dire, ou que ça ne voit pas assez et donc que les gens « écoutent » les « populistes ». Karim Zéribi et Hélène Mandroux sont « parfaitement d’accord » entre eux, rivalisant de logorrhée et de platitudes, et ignorent superbement l’animateur qui tente vainement de relancer la question du pourquoi du très bon score de Marine Le Pen, et des scores assez bons de Ségolène Royal et Jean-Luc Mélenchon. La conversation passe alors sur la réforme des retraites, les services publics, etc. Exit Marine Le Pen, tirons le rideau puisque clairement ni Hélène Mandroux ni Karim Zéribi ne veulent en parler.
Je suis plutôt amenée à penser que ces deux « politiques », et bien d’autres à gauche comme à droite, font tout simplement preuve de la même cécité depuis 2002. Si 42% ou 29% des internautes de RMC « votent » Marine Le Pen comme meilleure opposante au Président de la République, ce n’est sans doute pas uniquement pour ses coups de gueule et son physique. Elle a un programme, elle le distille à chacune de ses interventions télévisées, à chaque réunion de son actuelle « tournée de popotes » des fédérations FN. Certes, il y a encore des incertitudes dans ses propositions, parfois très éloignées de mesures ultra-libérales et anti-étatiques à la Reagan jadis défendues par son père. Mais le cap social, laïque, républicain, démocrate apparaît de plus en plus, et sans contradiction avec les antiennes nationalistes et patriotiques du Front National de papa.
Et si les internautes pensaient tout simplement que ce nouveau programme du Front National est « évidemment crédible » ? Karim Zéribi et Hélène Mandroux ne voient-ils pas ce qui se passe en France et ailleurs en Europe ? Ne voient-ils pas que les peuples en ont marre de l’islamisation et du mondialisme défendus à la fois par l’UMP et le PS ? Qu’ils rejettent massivement une immigration de peuplement qui nuit aux travailleurs français ou immigrés réguliers, qui produit communautarisme, délinquance et racisme anti-français parce qu’elle est tellement importante et culturellement différente qu’elle est devenue inassimilable ? Qu’ils approuvent majoritairement les mesures sécuritaires les plus proches de celles du Front National ? Qu’ils dénoncent la mondialisation, l’euro, l’Union Européenne ? Qu’ils sont pour la démocratie représentative, la laïcité, les services publics, la solidarité nationale ? Bref qu’ils partagent davantage le « programme » de Marine Le Pen que celui de Nicolas Sarkozy et de Martine Aubry !
Et si Marine Le Pen ne fait pas encore une plus grande unanimité dans l’adhésion à sa personne, c’est certainement parce que la diabolisation et la marginalisation qui ont frappé son père et le Front National laissent encore des traces profondes. On ne sort pas de trente ans de matraquage et de formatage idéologique du jour au lendemain. C’est d’ailleurs le seul ressort des opposants actuels à Marine Le Pen, comme le démontrent le dénigrement et l’exclusion opérées ce mardi par Karim Zéribi et Hélène Mandroux, ou encore le refus d’un Michel Drucker d’inviter Marine Le Pen à « Vivement dimanche » sous l’unique prétexte… qu’il a toujours d’inviter le père !

Aux dernières élections municipales, Karim Zéribi avait hésité entre vendre ses compétences et son électorat communautaire des quartiers nord à l’UMP Jean-Claude Gaudin, maire sortant ou son opposant socialiste Patrick Mennucci. Il a finalement choisi le camp de gauche, battu de très peu par celui de droite. Comme le vent tourne pour le PS marseillais enfoncé jusqu’à l’os et au plus haut niveau dans des affaires de corruption, Karim Zéribi vient de prendre en marche le train d’Europe Ecologie.

Hélène Mandroux, mise en place à la mairie de Montpellier par Georges Frêche, avait décidé de trahir son mentor et pygmalion aux régionales, espérant que l’investiture de Martine Aubry lui assurera un bel avenir. Bien mal lui en a pris : sa liste « PS officielle » ne fera que 7,7% !

Ceci explique peut-être cela. On peut critiquer Marine Le Pen, on peut s’opposer à ses idées, mais on ne peut nier qu’elle a des convictions, parfois opposées à celle de son père, et qu’elle les défend avec sincérité sans s’être jamais vendue à personne ni compromise avec quiconque. Au lieu de feindre de l’ignorer jusqu’à ce que ça leur retombe sur la figure et de continuer leur nomadisme politicien, Karim Zéribi et Hélène Mandroux feraient mieux d’en prendre de la graine.
Dans les triangulaires de second tour des régionales 2010, le Front National a fait 13,5% à Montpellier dont Hélène Mandroux est maire socialiste. C’est très honorable par rapport au bulldozer Frêche avec ses 65,6%. A Marseille, le FN a fait 22,8% au second tour et… 26,8% dans le quinzième arrondissement, terre d’élection de Karim Zéribi.
Prendre plus d’un quart de ses administrés pour des gens assez stupides pour suivre des « populistes » et voter pour des candidats « évidemment pas crédibles », c’est « évidemment » une attitude politique non seulement antidémocratique et antirépublicaine, mais également « pas crédible ». « Soyons clairs », Monsieur Zéribi !
Vendredi matin, les Grandes Gueules commentent les résultats définitifs de la consultation (3). L’invité du jour, le russe Vladimir Fédorovski écrivain et ancien diplomate, est le seul à ne pas user de langue de bois. Peut-être parce que son regard extérieur est plus objectif ? Selon lui, le score de Marine Le Pen correspond tout à fait aux attentes actuelles des Français, et le différentiel entre Ségolène Royal et Martine Aubry traduit une profonde recomposition de la gauche française. Il constate une « soviétisation » de la France, avec une élite politique et médiatique désormais totalement coupée du peuple et de ses préoccupations. Depuis le temps qu’on le dit sur Riposte Laïque…
Par contre, Claire O’Petit (élue Modem en Seine-Saint-Denis) et Jacques Maillot (le gaucho-capitaliste de service) repartent de plus belle dans le déni de réalité : les gens votent Marine Le Pen qui n’aurait aucun programme à leurs yeux uniquement parce que la gauche n’est pas assez bonne. Et c’est reparti pour discutailler vigoureusement sur le PS afin de mieux botter en touche le FN.
Des Grandes Gueules, oui, certainement : ils parlent fort, ils font mine de se disputer. Mais au fond, une fois débarrassés du bruit qu’ils font dans le poste de radio, ils ne représentent que ce faux politiquement incorrect qui pédale dans la semoule et qui défend surtout son pré carré politique ou médiatique. Marine Le Pen peut vraiment dormir tranquille avec des bonimenteurs de cet acabit !
Djamila GERARD
(1) http://www.rmc.fr/editorial/133626/qui-est-le-meilleur-opposant-au-president/ et http://www.rmc.fr/blogs/lesgrandesgueules.php?post/2010/11/12/Et-le-meilleur-opposant-%C3%A0-Nicolas-Sarkozy-est-…
(2) http://podcast.rmc.fr/channel36/20101109_gg_2.mp3 à partir de la 11ème minute
(3) http://podcast.rmc.fr/channel36/20101112_gg_2.mp3 à partir de la 10ème minute

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