Zohra, un nouveau fait divers, tout aussi parlant que celui de Miramas !

Voici une jeune femme, d’origine algérienne, qui a fait des études -lesquelles lui ont permis de devenir enseignante- et qui vit avec un non musulman, ce qui laisse supposer un français de souche (ou un français issu de l’immigration européenne) …. Cette jeune femme est l’exemple même d’une intégration réussie, on peut même parler d’assimilation. Et je reconnais en Zohra une française aussi française que les « souchiens » !
Cette dernière a 25 ans : elle est majeure au regard de la législation française, elle a le droit de disposer d’elle-même -et ce d’autant plus qu’elle est totalement indépendante de sa famille financièrement, puisqu’elle a une activité professionnelle- , elle a le droit de pratiquer sa religion comme elle l’entend et de ne pas suivre le Coran à la lettre, et même le droit d’apostasier, puisque la Constitution garantit la liberté de conscience.
Mais sa famille ne l’entend pas ainsi et décide de la remettre dans le droit chemin, entendez le droit chemin selon Mahomet. Son père, sa mère, son frère de 34 ans et sa sœur de 27 ans font le voyage de Saint-Etienne, où ils résident, jusqu’à Brignoles dans le Var, où habite Zohra : ils l’enlèvent, en usant de violences, et la ramènent au domicile familial. La présence d’un passeport au nom de Zohra, que sa famille a fait établir à son insu, peut laisser supposer que les siens comptaient l’envoyer de l’autre côté de la Méditerranée, où -sans nul doute- on l’aurait mariée à un bon musulman et contrainte à rentrer dans le rang.
On croit rêver en lisant cela dans la presse : cela est donc possible en France ? au XXIème siècle ? Et encore plus quand on apprend que ce n’est pas la première fois qu’elle a à subir ces violences : deux fois déjà, en 2010, le frère aîné l’a ramenée à Saint-Etienne, où son père l’a battue –elle avait 24 ans !
Les citoyens de ce pays peuvent légitimement se demander ce que fait sur notre sol une famille d’origine algérienne qui place les lois d’Allah avant les lois de la République. Car il est évident que leur action punitive est motivée par les préceptes religieux auxquels ils adhèrent : Zohra, en effet, vit avec un « kafir » -un mécréant -elle une musulmane !
Voici des gens qui auraient leur place en Algérie, où l’islam est religion d’Etat. Voici des gens qui ne devraient pas avoir la nationalité française -si tel est le cas- et à qui on devrait la retirer s’ils sont bi-nationaux.
Fait divers après fait divers, on voit l’incompatibilité fondamentale qui existe entre nos valeurs, notre mode de vie, nos lois et les prescriptions coraniques. Bien sûr, toute la clique de la bien pensance va encore nous dire que cette famille, ces familles (en comptant Miramas) constituent une exception…
Eh bien, c’est une exception de trop : a-t-on jamais fait état, dans les médias, d’un adolescent roué de coups par son frère catholique intégriste, pour n’avoir pas respecté le Carême et mangé de la viande un vendredi Saint ? a-t-on jamais fait état, dans les médias, d’une jeune femme enlevée par sa famille juive intégriste ou par ses parents bouddhistes, pour avoir choisi de vivre maritalement avec un non juif ou avec un non bouddhiste ? Non, c’est toujours du côté de l’islam qu’on voit pareils dénis de démocratie et de tolérance être perpétrés !
Et ces exceptions, à mon avis, constituent la parie émergée de l’iceberg, celle qui parvient à l’oreille de la police grâce aux voisins qui entendent des gémissements, grâce au tatoueur chez lequel on fait retirer à Zohra son piercing et auquel la jeune femme peut montrer les traces de coups qu’elle a reçus. Mais combien de faits du même ordre passent inaperçus, faute de témoins ?
On nous parle ad nauseam des bienfaits du « métissage », mais on oublie d’ajouter que les musulmans en ont une curieuse conception.
Une vidéo amateur, trouvée sur le Net, est révélatrice des limites du « vivre ensemble » auquel on invite les « souchiens » : on y voit une jeune franco-marocaine qui, amoureuse d’un français non-musulman, demande : « et s’il se convertit ? ». Réponse de la famille : même converti, il ne fera pas l’affaire ; elle doit épouser un musulman, descendant de musulmans, eux-mêmes descendants de musulmans ! Tout est dit !
http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=lKhPT5dI4ek
 
Mais laissons plutôt la parole à Tahar Ben Jelloun, écrivain franco-marocain, auteur d’un ouvrage pour la jeunesse intitulé L’islam expliqué aux enfants. On y lit ceci : « une musulmane n’a pas le droit d’épouser un non-musulman, à moins que ce dernier ne se convertisse à l’islam » et aussi cela : « les hommes ont le droit de se marier avec des non-musulmanes, avec l’explication qui suit : « C’est à cause du nom, qui est transmis par le père. Il s’agit d’une société où domine le patriarche, c’est-à-dire le chef de la famille. On dit que c’est une société patriarcale. La femme est de ce fait soumise, dépendante de l’homme, donc influençable. Si elle épouse un non-musulman, elle risque d’être perdue pour l’islam, et ses enfants risquent aussi d’être élevés dans la religion du père. »
Je dois dire que le jour où j’ai découvert ce texte, j’ai perdu une grande part de l’admiration que je voue à l’auteur de « La Nuit sacrée » (prix Goncourt), que j’aurais cru plus ouvert et plus tolérant, plus français que musulman, surtout qu’il réside en France depuis 1971… Si un intellectuel de cette envergure en est encore à admettre ce qui est une forme de discrimination (contre lesquelles ne s’élève aucune association droitdel’hommiste !), on comprend mieux qu’un individu lambda juge impossible l’union d’une « croyante » avec un non-musulman, et agisse en accord avec ses convictions religieuses, quitte à transgresser les lois de ce pays. Surtout avec les prêches ou les conférences dispensés dans les mosquées françaises !
Quand on lit les propos du Cheikh Abdelali Mamoun, tenus le 20 mars 2011 à Gennevilliers, on reste pantois, même si, en soi, l’apologie de la pudeur me semble saine : passons sur le fait qu’il veuille des « piscines réservées aux hommes, où l’on porte des pantalons jusqu’aux genoux » au lieu d’un maillot de bain ; passons sur sa vision misogyne de la femme qui n’a nul besoin de « diplôme » et qui, au lieu de travailler, « [reste] à la maison, fait le ménage, se parfume pour accueillir son mari à la fin de la journée » et « élève ses enfants (comprendre les : enfants de son mari) et sur cet aveu que « les aides (s.e. de l’Etat) sont suffisantes », pour permettre ce beau programme d’épanouissement intellectuel et social dévolu à l’épouse et à la mère ; passons sur le fait que, pour lui, la vie professionnelle de la femme est incompatible avec l’islam puisque « les conditions ne sont pas respectées pour qu’elle travaille » étant donné qu’elle « ne peu[t] pas prier, qu’elle est « obligée de faire la bise, de serrer la main, de laisser les gamins à la crèche où ils mangent du porc », qu’elle « ne peu[t] pas porter le foulard » … Et venons-en à une perle : «J’ai 20 ans, j’ai rencontré un garçon et je voudrais me marier avec lui ». D’où as-tu le droit de fréquenter ce garçon et de faire des projets de mariage avec lui ? (…) Normalement, c’est ton papa qui va te ramener un garçon, d’abord il le choisit, il passe son filtre, et après on te demande à toi si tu le veux, voilà comment ça se passe. »
N’en déplaise aux bien pensants de tous bords, tout cela relève d’une conception aux antipodes de la nôtre, de « valeurs » -si on peut appeler cela ainsi- que nous ne partageons pas, d’une loi divine en opposition avec la législation française pour lesquelles, à 18 ans, l’être humain est majeur et reconnu apte à assumer sa liberté, qu’il soit de sexe masculin ou féminin. Comment l’islam pourrait-il se fondre dans la République, sauf à se substituer à elle ?
L’Etat est gravement coupable de permettre qu’il y ait, sur notre sol, des Zohra victimes d’une intransigeance venue d’un autre âge et d’un autre espace culturel.
Chantal Macaire

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